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4e DE COUVERTURE

Lors d’une conférence consacrée à la schizophrénie, la parole de Frédéric Meuwly vient rompre le fil attendu des témoignages. Sa voix calme, son récit rigoureux, la précision presque tactile avec laquelle il décrit son corps en reconstruction frappent un psychothérapeute au point de confirmer des convictions naissantes.

Ce livre naît de cette prise de conscience et d’une rencontre : une série d’entretiens où se dévoile une trajectoire de rétablissement qui échappe aux cadres habituels, où la posture, la verticalisation et surtout la respiration deviennent des forces de réadaptation plus déterminantes que les mots.

En suivant ce chemin singulier, l’ouvrage interroge la frontière trop nette que la psychiatrie trace entre psyché et soma, et ouvre une perspective nouvelle : celle d’une approche qui réintègre le corps au centre des soins de la santé mentale, lieu de mémoire, de résistance et de renaissance.

 

Frédéric Meuwly

Rescapé de la schizophrénie, spécialiste en intégration socio‑professionnelle et aujourd’hui morpho‑psychothérapeute par le Souffle, l’auteur s’appuie sur une expérience personnelle et clinique solide qui démontre que le rétablissement de troubles dits « mentaux » commence par un travail corporel de désemcapsulage des tensions et des traumas inscrits dans le corps. Ses résultats concrets invitent à repenser la place du corps comme premier levier de reconstruction psychique.

Rolando Damàsio

Dr en psychologie, Spécialiste FSP Enfance & adolescence, Rolando Damasio s’intéresse depuis longtemps au rôle du corps dans la santé mentale, convaincu que les postures, la respiration et les micro‑signaux corporels révèlent souvent plus que les mots. Formé aux approches classiques mais attentif à leurs limites, il explore les liens entre psyché et soma et cherche à intégrer ces dimensions dans sa pratique.  

FORMAT DU LIVRE

Livre broché 151 pages
Éditions Abysses
ISBN
Reliure dos carré collé 300g couleur – Grammage intérieur 80g noir/blanc. Couverture pelliculage mat avec protection Soft touch ou brillant

TABLE DES MATIÈRES

Qu’est-ce que la schizophrénie ?
Le rétablissement par le corps
La morpho-psychothérapie par le Souffle
Les trois piliers de la rédemption
Parents, proches et conjoints : que faire
Schizophrénie, société et avenir

INTRODUCTION

Avant même d’approcher Frédéric Meuwly, j’avais déjà passé près d’une heure à l’écouter. C’était lors d’une conférence ouverte au public à propos d’une « guérison définitive de la schizophrénie au moyen d’une approche corporelle », un de ces événements où l’on s’attend à entendre un témoignage parmi d’autres, souvent émouvant, parfois instructif, mais qui rarement bouleverse nos pratiques habituelles. Lui, pourtant, a immédiatement capté mon attention. Non par effet de style, ni par volonté de convaincre, mais par la manière calme, précise et méthodique dont il déroulait son histoire et argumentait ses propos.

Il parlait de son parcours avec une lucidité qui contrastait avec la gravité du sujet mais surtout à mes expériences vécues en tant que psychothérapeute. Il évoquait les symptômes, mais avec une vision de l’intérieur parfois très éloignée des concepts qui nous sont enseignés dans nos cursus académiques de formation. Enfin, il évoquait cette approche inédite dont j’entendais pour la première fois : la morpho-psychothérapie par le Souffle.

Ce qui m’a frappé, ce n’est pas seulement la cohérence de son récit, mais la manière dont il parlait du corps. Il décrivait des notions nouvelles pour moi : l’encapsulage, des tensions chroniques et inconscientes sur les muscles et les fascias, des postures réadaptatives qui avaient joué un rôle dans sa reconstruction. Il évoquait le Souffle, la verticalité, la manière dont son corps s’est transformé et dont son mental s’est reconstruit par des réancrages progressifs dans les réalités communes et partagées.

Ce n’est pas un reproche, mais un constat. La psychiatrie s’est construite sur des modèles qui privilégient l’observation des comportements, l’analyse du discours des patients, la régulation des neurotransmetteurs et la classification de nos semblables dans ses cases. Elle a développé des outils puissants pour apaiser les crises, réduire la souffrance, prévenir les décompensations. Mais elle laisse dans l’ombre une dimension pourtant fondamentale : la manière dont le corps participe à l’expérience psychique. S’agissant de la schizophrénie, malgré des avancées significatives, l’approche dominante demeure centrée sur les traitements médicamenteux, et la notion même de rétablissement continue d’être abordée avec prudence.

Dans les descriptions cliniques, le corps apparaît rarement autrement que comme un support biologique. On parle de sommeil, d’appétit, de tension musculaire, parfois de posture, mais toujours comme des indicateurs, rarement comme des leviers qui seraient mobilisés pour des soins.

Pourtant, la recherche scientifique commence à montrer que cette séparation stricte entre psyché et corps est artificielle. Des études en neurosciences mettent en évidence le rôle du système nerveux autonome dans la régulation émotionnelle ; d’autres montrent que des pratiques respiratoires peuvent influencer l’activité cérébrale, que certaines postures modifient les circuits du stress, que le mouvement stimule la plasticité neuronale. Rien de miraculeux, rien de spectaculaire : simplement la confirmation que le corps n’est pas un simple spectateur de nos états mentaux.

En l’écoutant, je me suis demandé combien de trajectoires de rétablissement restent invisibles parce qu’elles ne rentrent pas dans les cadres habituels. Combien de personnes trouvent, dans le mouvement, la respiration, la sensation, des ressources que les modèles psychiatriques ne savent pas encore nommer. Et combien de récits pourraient enrichir notre compréhension si l’on acceptait de regarder le corps non comme un simple indicateur, mais comme un partenaire du processus voire, comme l’affirme Frédéric Meuwly, comme outils principal dans les soins des maladies mentales.

Si ce témoignage m’a autant interpellé, c’est aussi parce qu’il résonne avec une conviction que je porte depuis longtemps : le corps joue un rôle essentiel dans la santé mentale. Je le sais, je le sens, je le vois parfois chez mes patients. Je l’ai constaté au travers des postures, mais également des activités physiques que maintiennent, ou pas, certains patients. Mais aussi les épaules qui se relèvent, la respiration qui s’apaise, la posture qui se détend : autant de micro‑signaux qui racontent quelque chose de l’état intérieur, parfois plus fidèlement que les mots eux‑mêmes.

Et pourtant, malgré cette conviction, je me heurte à une difficulté : je ne sais pas comment intégrer ces dimensions dans ma pratique psychothérapeutique. Je travaille avec les mots, avec les récits, avec les représentations. J’accompagne des personnes dans la compréhension de leurs émotions, de leurs schémas, de leurs relations, de leurs croyances aussi. Mais comment inviter le corps sans sortir de mon cadre professionnel ?

C’est à la fin de cette conférence, alors que les participants commençaient à se disperser, que j’ai décidé de l’approcher pour en savoir davantage. Je ne m’attendais pas à ce qui allait suivre. Il m’a regardé et écouté avec ce mélange de simplicité et de détermination qui caractérise des personnes fortes, puis il m’a dit qu’il serait prêt à aller plus loin. Que si mon intérêt pour son parcours et pour les approches corporelles était réel — et il l’avait manifestement perçu —, alors il accepterait de se prêter à une série d’entretiens plus approfondis. Pas des conversations improvisées, mais de véritables entretiens structurés, enregistrés, pensés comme un matériau brut que l’on pourrait travailler, analyser, mettre en forme et peut‑être, un jour, en faire un livre.

L’idée m’a surpris, puis immédiatement m’a séduit, non pour ériger un modèle, mais pour offrir une perspective différente de nos discours de psys, plus incarnée, plus concrète sur ce que peut être un processus de reconstruction.

C’est ainsi que ce projet a commencé : par une conférence, une rencontre, une curiosité partagée — et cette proposition inattendue qui, soudain, donnait une direction nouvelle à tout ce qui avait précédé.

CITATION

« Il y a toujours quelque chose à faire !»

Éliette Christen, fondatrice de la morpho-psychothréapie par le Souffle

 

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